Pauline

Pauline

by Alexandre Dumas

Vous trouverez du poison près de cette lettre : tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d'une agonie lente et douloureuse.

Dans l'un et l'autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte.

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe.

C'est le roman d'une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.

  • Language: French
  • Category: Classics
  • Rating: 3.74
  • Pages: 241
  • Publish Date: May 27th 2002 by Folio
  • Isbn10: 207041230X
  • Isbn13: 9782070412303

What People Think about "Pauline"

3.5 stars Second read: August 2018 I read this one for class a few years ago and remembered loving it, I was really excited to reread it.

Ni subjuguée, ni ennuyée, j'ai lu ce court roman comme s'il s'agissait d'une nouvelle, et si j'ai aimé l'ambiance gothique (quoi qu'un peu caricaturale et maladroite à mon goût - je suis habituée au gothique en anglais, c'est peut être ça aussi...) j'ai moins aimé le récit enchâssé qui ne laissait pas trop de place au mystère et à la surprise (un peu, mais pas assez !).

Être le frère adoptif d'une femme jeune et belle est déjà chose difficile ; mais lorsqu'on a aimé cette femme ... lorsque le bonheur auquel on n'aurait osé croire, car on le regardait comme un songe, est là près de vous en réalité, et qu'en étendant la main on le touche, alors, malgré la résolution prise ..., il est impossible de renfermer dans son âme ce feu qu'elle couve." Trêve de plaisanterie, c'est le genre de roman que vous lisez avec l'angoisse qui vous prend devant l'intrigue, avec le sourire aux lèvres devant le choix des mots et des expressions pour exprimer des sentiments, des analyses d'un autre temps.

Contrairement à nombre de ces romans, le cadre historico-politique cependant est pratiquement complètement ignoré (malgré les nombreux bouleversements qui ont marqué cette période), et Dumas délaisse ses héros mythiques habituels. Cependant, et contrairement à Monte Cristo, la raison de sa folie meurtrière reste un mystère : on comprend au fil de la lecture quelle est le résultat dun passé douloureux, mais lénigme dHorace demeure entière même passée la dernière page. Si sa beauté est largement mise en avant, son corps et sa sexualité nexistent pas dans le roman, sans pour autant que cela soit justifié par une inclinaison religieuse.

Elle lui relate sa rencontre avec le comte Horace de Beuzeval lors d'une partie de chasse où ce dernier sauve un jeune homme d'une mort quasi certaine par un sanglier. Pauline dresse le portrait d'un homme mystérieux, sombre et courageux qui n'a pas hésité à tuer une tigresse jouant avec ses petits lors d'une chasse en Inde. Elle y découvre des passages secrets et est témoin la nuit de son arrivée de l'agression d'une femme par trois hommes. La nuit suivante, Pauline s'aventure dans un passage souterrain, elle y découvre son mari et deux de ses amis intimes, ces derniers se disputent une femme, pieds et poings liés à un lit. Elle se réveille dans un caveau avec un verre de poison et une lettre de son mari lui indiquant qu'elle est morte aux yeux du monde, que la mort est sa seule issue. Emporté par le récit d'Alfred, le lecteur, plongé dans l'histoire, est donc témoin indirect des aventures des différents personnages. Les malheurs d'une jeune femme mariée à un homme sombre et mystérieux qui se révèle être un assassin, thème principal du roman, rappelle le mythe de Barbe-Bleu. Roman de son époque, Pauline est un miroir de la société française des années 1820-1830 et rend compte d'une société déboussolée en perte de repères ("le grand malheur de notre époque est la recherche du romanesque et du mépris du simple...", "j'ai tout étudié, philosophie, droit et médecine; j'ai fouillé le coeur des hommes, je suis descendu dans les entrailles de la terre, j'ai attaché à mon esprit les ailes de l'aigle pour planer au dessus des nuages; où m'a conduit cette longue étude? Les jeunes filles, elles ne savent pas que le malheur n'ose toucher au voile chaste qui les enveloppe et dont un mari vient les dépouiller", "Jeune et ignorante comme je l'étais, savais-je moi-même ce que c'était l'amour?", "vous autres hommes, vous ne saurez jamais quelles angoisses sont celles d'une jeune fille élevée sous l'il de sa mère, dont le coeur, pur comme une glace, n'a encore été terni par aucune haleine, dont la bouche n'a jamais prononcé le mot amour", "qu'il y avait-il de nouveau dans ma vie? Un homme y avait passé et voilà tout") surtout lorsque l'homme fait preuve de courage ("le courage est l'une des plus grandes séductions de l'homme sur la femme" déclare Pauline après son récit de la mort de la tigresse en Inde par Horace), qui fascine autant qu'il terrorise. L'amour est présenté comme un sentiment égoïste, Pauline impose des relations frère/sur à Alfred, sous prétexte qu'elle est mourante ("ce sont les illusions qui rendent les douleurs amères et inguérissables.

And I really prefer when Dumas give his female characters an agency...which is definitly not the case with Pauline AKA convenient damsel in distress

This note regards Alexandre Dumas, père, the father of Alexandre Dumas, fils (son).